SRA vient de publier son Observatoire 2024 des sinistres collision automobile. En 2024, les 1,5 million analysés ont été déclarés économiquement réparables. Le coût des réparations a pourtant augmenté de près de 25% ces 4 dernières années.
Presque 90% des véhicules sinistrés sont économiquement réparables, du fait du rapport d’expertise qui n’indique pas de valeur du véhicule ou la considère supérieure au coût des réparations. Composé de trois postes, il est donc un indicateur primordial.
Autopsie des sinistres en 2024
1,5 million des sinistres de collision analysés ont été déclarés économiquement réparables. L’âge moyen des véhicules concernés est de 8,2 ans, 75% ont plus de 4 ans et 31,8% ont plus de 10 ans. Plus de 50% sont des diesels, 11,5% sont électrisés, 39,3% pour les moins de 2 ans, et leur part progresse.
Entre 2020 et 2024, le coût des réparations a évolué de 24,7% (+13,7% entre 2022 et 2024). En 2024, une rupture nette est constatée avec l’indice INSEE.
Comme en 2023, les véhicules électrifiés ont été en moyenne plus coûteux à réparer que les thermiques, sous l’effet de la combinaison systématique des coûts du poste des pièces et du poste de la main d’œuvre plus élevés.
45% des sinistres se situent à l’avant des véhicules dont les réparations coûtent 1,5 fois plus chères qu’à l’arrière, avec un taux de réparabilité plus faible que sur les autres parties de la carrosserie.
Les pièces : la part du lion (52%)
Le coût du poste pièces de rechange, part historiquement la plus importante du coût des réparations, augmente fortement tous les ans et dépasse cette année les 52%, avec une inflation de 7,3%. L’évolution des coûts est systématiquement plus élevée que la variation du coût des réparations, +29% entre 2020 et 2024 et +15,3% ces 3 dernières années. Avec le cumul des hausses, son poids s’alourdit un peu plus chaque année.
Dans ce contexte, les pièces de réemploi se développent. 17,3% des réparations avec une expertise contenaient au moins une PRE parmi les pièces remplacées (9,5% en 2020). Néanmoins, seulement 5,3% des pièces remplacées sont issues du réemploi (3% en 2020).
L’utilisation du réemploi est concentrée encore sur une faible partie des pièces nécessaires pour la réparation des sinistres de collision. 15 familles représentent presque 85% de l’ensemble des PRE utilisées en 2024. Dans le top 5, on retrouve l’aile avant (13,8%), la porte avant (10,1%), le bloc optique avant (9,8%), le bouclier arrière (9,4%) et le bouclier avant (9%).
La main d’œuvre : 2e poste (37,3%)
La part de la main d’œuvre (MO) dans le coût des réparations pèse 37,3%, avec une hausse de 5,1%. Ce poste présente les variations les plus faibles mais les hausses ont été importantes ces dernières années, +20,8% depuis 2020, +11,2% entre 2022 et 2024.
42,3% des heures de MO facturées sont liées à l’opération de peinture. On note un écart de 4% entre les taux horaires moyens du T1/T2. Le nombre d’heures facturées en T3 (haute technicité, +9,4% d’écart avec T1) est à la marge, moins de 1%.
Les ingrédients peinture : 10,4% du coût des réparations
La variation historiquement élevée du coût horaire moyen des ingrédients peinture en 2023 est nettement moins importante en 2024 mais la hausse (+5%) reste supérieure à l’inflation générale et aux tendances avant 2021. Elle est de 26,8% entre 2020 et 2024 et de 13,9% entre 2022 et 2024.
86,9% des ingrédients peinture sont facturés en taux 2 (métal vernis et vernis). Les ingrédients opaques non vernis représentent 2,6% et les nacrés, seulement 10,5%, alors qu’ils sont complexes et les plus répandus. Le coût-horaires entre les opaques et les nacrés sont de 13,2%.
Synthèse des conclusions de SRA
L’intégration au fur et à mesure du temps des véhicules actuels, de plus en plus technologiques et design, laisse craindre le pire à venir pour les coûts de réparation.
Tant sur le nombre que sur le coût des sinistres, des écarts significatifs persistent en 2024 entre les départements et les régions. L’âge et le type du parc, l’environnement plus ou moins urbanisé, le réseau routier, les comportements locaux, les montants des charges fixes, impactent et justifient ces écarts locaux.
La réparabilité baisse d’année en année, presque 72% des pièces endommagées sont remplacées en 2024.
De nombreuses interrogations se posent également sur les évolutions des valeurs des véhicules avec l’intégration progressive dans le parc d’occasion des véhicules électrifiés. Leur valeur à neuf pourrait varier, selon les évolutions de la fiscalité et la concurrence. L’électrification du parc aura également des impacts sur la valeur des véhicules thermiques d’occasion, avec d’hypothétiques hausses des valeurs des modèles thermiques.
> Consulter et télécharger sur ce lien l’Observatoire 2024 des sinistres collision de SRA
> Consulter et télécharger sur ce lien l’interview de Rodolphe Pouvreau, Directeur de SRA par Laurent Hecquet, DG du MAP, l’Observatoire des experts de la mobilité